Le journalisme est-il en danger?

Depuis l’apparition des blogues et des autres formes de web social, la circulation de l’information se fait beaucoup plus rapidement et à très grande échelle.  Il n’est pas rare que des nouvelles soient publiées par de simples internautes, par exemple sur Twitter, avant même que les journalistes n’aient eu le temps de le faire.  Ce n’est maintenant plus un secret, l’industrie des médias traditionnels est confrontée à d’énormes changements au niveau des façons de faire et de divulguer les nouvelles.  Elle doit s’y adapter si elle veut survivre.

L’article ÉTUDE: journalisme et nouveaux médias (juillet 2010) fait état d’une étude portant sur la perception des journalistes face à leur avenir.  En résumé, même s’il y a une certaine incertitude en ce qui concerne le futur des médias hors-lignes, on remarque que les journalistes sont dans l’ensemble satisfaits de leur travail.  Sur ceux qui ont été interrogés (774 dans plus de 21 pays), 46% affirment devoir travailler plus fort qu’avant, alors que 46% estiment que leur travail s’est amélioré avec l’émergence des médias sociaux.  50% d’entre sont d’avis que leurs publications hors-lignes disparaîtront un jour, mais 40% croient que la transition vers un nouveau média entraînera de nouvelles opportunités.  En fait, seulement 15% des journalistes disent ne pas publier leurs articles via des médias sociaux.

Ces chiffres démontrent une ouverture de la part de l’industrie journalistique, alors je ne crois pas, du moins à court ou à moyen terme, que les adeptes du web social pourront supplanter le travail des journalistes.  Personnellement j’aime bien pouvoir compter sur diverses sources d’informations, c’est-à-dire des faits rapportés et des opinions.  Les médias traditionnels ont certes été bouleversés par certains scandales journalistiques au cours des dernières années, notamment lors de la guerre d’Irak, où on affirmait que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive, ce qui n’était pas le cas.  Dans l’article Médias en crise, paru en 2005 dans Le Monde diplomatique, on mentionne que deux géants de l’industrie du médias, possédant plusieurs journaux et magazines, sont la propriété de deux fabricants d’armes, qui peuvent contrôler le type d’informations à diffuser dans leurs publications.  Ce genre de situations, où les faits ne sont pas rapportés correctement ou manipulés par de hautes instances, peut nuire à la crédibilité du journalisme.  Avec Internet, les lecteurs ont maintenant d’autres options.  L’auteur de Médias en crise amène un argument intéressant: « beaucoup de lecteurs préfèrent la subjectivité et la partialité assumées des bloggers à la fausse objectivité et à l’impartialité hypocrite d’une certaine presse ».  Donc, face à l’ascension rapide d’Internet et des blogues, les médias traditionnels ont commencé à s’adapter, ce qui fait qu’aujourd’hui, tous les grands journaux possèdent leur site Internet pour diffuser des nouvelles (il faut parfois payer) et plusieurs journalistes ont un blogue sur lequel ils donnent leur opinion à propos de divers sujets d’actualité.

Toutefois, il ne faut pas croire non plus que le journalisme n’aide pas la blogosphère.  Lorsque nous naviguons sur Internet, nous constatons que plusieurs billets sont liés à l’actualité et ce ne sont pas tous les blogueurs qui sont témoins des faits qu’ils rapportent.  Ces faits proviennent souvent d’articles (ou enquêtes) publiés par des journalistes.  Disons que les blogueurs vont rarement sur le terrain et dans les conférences de presse!  Ils n’y ont souvent même pas accès!

Alors, le journalisme est-il en danger?  Non, car la majorité des journalistes et médias s’adaptent à la nouvelle technologie.  Par contre, la compétition est désormais féroce, car il y a beaucoup d’indépendants qui sont également capables de rapporter les nouvelles.  Les grands joueurs devront ainsi s’assurer de bien promouvoir leurs sites pour demeurer chefs de file.

Voici un extrait d’une chronique du journaliste Franco Nuovo, intitulée Un blogue, quossa donne? et publiée dans le Journal de Montréal en 2006.  Vous verrez un exemple de manque d’ouverture qui risquerait de nuire au journalisme si tous ceux œuvrant dans le domaine avaient la même mentalité:

  • « Le patron m’a demandé si, éventuellement, cela pouvait m’intéresser de bloguer? Euh… Réponse peu édifiante, j’en conviens, mais sur le coup je n’en avais pas d’autres. En fait, je n’y avais jamais pensé. Suis-je donc à ce point dépassé? Je n’ai pas de blogue et je n’ai pas pensé à m’en créer un. Hon! Un dinosaure ! Voilà ce que je suis, un dinosaure dans un monde où, paraît-il, il se crée plus d’un blogue par seconde.  En fait, la chose ne m’a jamais vraiment intéressé. J’ai bien jeté un oeil à la prose de l’un ou de l’autre à l’occasion, mais ça me laisse plutôt froid. Je trouve les blogues – ceux de certains collègues, ceux du blogueur ordinaire en général – plutôt banals, souvent sans rigueur, et rédigés dans la plupart des cas, même ceux de certains écrivains, dans une langue un peu paresseuse. »

Franco Nuovo a maintenant son blogue, ce qui est, malgré tout, une belle preuve d’adaptation à la nouvelle réalité!

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Un commentaire pour Le journalisme est-il en danger?

  1. chafiq dit :

    Je pense que l’apparition des bloques dans le domaine de journalisme admet un impact positif pour développer un théme et circuler l’information rapidement et faire participer un grand nombre des blogueurs. Chaque admet son opinion pour s’exprimer sur le sujet donné sans aucune pression émanant d’une autre partie prenante.

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