Bloguer…à ses risques et périls!

Je suis d’accord, le titre peut sembler effrayant au premier coup d’œil, mais laissez-moi m’expliquer et vous comprendrez ensuite où je veux en venir!

L’émergence du web social a permis à des millions de personnes dans le monde de s’exprimer sans barrière, sans procédure, sans soucis.  C’est du moins ce à quoi un blogue est supposé servir: permettre aux gens d’écrire ce qu’ils veulent, quand ils le veulent.  Évidemment, si le blogueur est obscène, vulgaire, violent ou  incompréhensible, il n’aura tout simplement pas de lecteurs, sans conséquence majeure.  Vous aurez sans doute deviné qu’il est question ici de liberté d’expression.

Par définition, la liberté d’expression est le droit naturel que possède tout individu d’exprimer librement ses opinions verbalement ou par écrit sous réserve des dispositions du Code pénal et des lois relatives à la diffamation (Grand dictionnaire terminologique).  En d’autres mots, chacun peut dire ce qu’il veut, tant que ça ne porte pas atteinte à autrui et que les droits d’auteurs sont respectés.

Alors, sommes-nous réellement libres avec nos blogues?  Dans le billet Blog, liberté d’expression, propriété intellectuelles et droits d’auteur: quelles tendances?, on aborde certaines restrictions s’appliquant à la publication de contenu sur Internet.  L’auteur mentionne que nous sommes responsables de nos actes et nous devons rendre des comptes de nos agissements aussi bien en ligne que hors-ligne.  Tout d’abord, on ne peut pas utiliser une marque déposée à notre guise.  Par exemple, il faut dire bateau à pédales et non Pedalo (je l’ai écrit! Suis-je déjà dans le trouble? Surtout que, selon Wikipédia, les fabricants de ce produit ne tolèrent aucune utilisation générique).  Ensuite, il ne faut faire aucune diffamation et la ligne peut être très mince entre diffamation et critique.  Enfin, tout ce qui apparaît sur le blogue est soumis aux droits d’auteur.

Maintenant que nous avons vu les prérequis à respecter lors de la rédaction d’un blogue, je suis convaincu que certains se disent: c’est bien beau tout ça, mais est-ce qu’il y a vraiment des gens qui vérifient?  Eh bien oui, et pour le démontrer, voici quelques exemples.

  • L’affaire Fuzz: fuzz.fr est un site français qui a été poursuivi par l’acteur Olivier Martinez pour avoir repris une information portant atteinte à sa vie privée (une histoire de relation amoureuse avec une chanteuse australienne).  Le jugement mentionne notamment que les éditeurs ayant des plate-formes de blogues devraient être responsables du contenu de leurs sites. (Pour plus de détails: Les pros du Web 2.0 inquiets de l’affaire Fuzz)
  • Membre de Blogasty poursuivis pour diffamation (je cite l’auteur):  « je me fais …. agresser …. par un bureau d’avocats ( que je ne citerai pas non plus ) parce que quelques mots clés laissant présumer qu’il se serait passé quelque chose, à une époque par une certaine personne, se trouveraient dans le cache de Google, il s’agirait de certaines pages de Blogasty ». (Pour plus de détails: La liberté d’expression s’arrête là où le blog commence).
  • Censures de blogues en Tunisie: plusieurs blogues sont censurés parce qu’ils « traversent les “lignes jaunes” qui encadrent tous les médias en Tunisie, en écrivant sur des sujets totalement ignorés par les médias traditionnels locaux ».  (Pour plus de détails et pour consulter une liste de blogues censurés dans ce pays: Tunisie: Réduire au silence la liberté d’expression sur Internet).

Il ne s’agit que de quelques exemples, mais cela démontre bien que des cas vont loin et que nous ne savons jamais qui peut lire le billet.  Certains projets de lois sont également proposés pour contrôler ce qui est diffusé sur Internet.  En voici deux exemples, chez nos cousins français:

  • Proposition de loi du Sénateur Masson visant à supprimer le droit à l’anonymat des blogueurs: Pourtant, « les blogueurs qui choisissent l’anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat, beaucoup arrêteraient de bloguer ». (Pour plus de détails: Défendons la liberté d’expression sur Internet)
  • La loi Hadopi ou loi Création et Internet: loi française qui sanctionne le partage de fichiers en pair à pair lorsque ce partage constitue une infraction au droit d’auteur. (Pour plus de détails: Loi Hadopi)

Il ne faut évidemment pas s’empêcher de donner son opinion ou de rapporter des faits sur Internet, mais il faut tout de même garder en tête que nous ne sommes pas entièrement libres d’agir comme bon nous semble, même lorsque nous rédigeons un blogue.  Les lois traditionnelles s’appliquant pour la rédaction d’œuvres littéraires, d’articles ou d’essais sont également en vigueur pour le contenu sur Internet.  Heureusement pour nous, nous vivons dans un pays où il n’y a pas réellement de censure.  Dans le billet La qualité de la blogosphère québécoise, l’auteur François Marginean mentionne que la blogosphère québécoise n’est certes pas aussi aussi vaste et bien développée que celle de la France, mais elle a l’avantage d’être la plus libre.  Alors profitons-en et exprimons-nous!!

Je vous laisse sur une citation de cet auteur: « La liberté d’expression est plus qu’un droit qu’on doit réclamer. La seule manière efficace de la protéger est en fait d’exercer ce droit fondamental. Si on exerce ce droit rigoureusement, avec respect et intégrité, tout en étant honnête dans sa démarche, un peuple ne peut que s’enrichir mutuellement et grandir.

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