Bloguer pour mieux écrire

De nos jours, il est indéniable que les jeunes sont de vrais adeptes du web social.  Ils ont des comptes Facebook et Myspace, partagent et écoutent des vidéos sur Youtube et certains jouent même aux journalistes sur Twitter.  Dans le billet Hacker la technologie de Sabine Leblanc, on apprend qu’une étude de Fréquence École a révélé que plus de 90% des jeunes vont sur Internet au moins une fois par semaine, et la moitié environ se connecte tous les jours ou presque.  Avec de telles statistiques, il semble évident qu’Internet est devenu un outil indispensable.  Dans ce contexte, n’est-il pas préférable de trouver des moyens pour inciter les jeunes à s’en servir dans un but éducatif plutôt que de tenter de restreindre leur accès pour favoriser des méthodes d’apprentissage plus conventionnelles?

Parmi les matières où Internet pourrait selon moi jouer un rôle clé, notons l’écriture.  On entend trop souvent l’expression: « Les jeunes ne savent plus écrire de nos jours ».   Je dois même admettre que je suis d’accord avec cette dernière.  Pourtant, nous pourrions avoir tendance à croire qu’avec les sites permettant de converser avec d’autres internautes  (comme les sites de messagerie instantanée), les gens se forceraient à bien écrire.  Ce n’est toutefois pas le cas, des mots ou expressions ont même été inventés pour abréger le texte et permettre d’écrire plus rapidement.  Il faut effectivement détenir quelques trucs pour pouvoir maintenir plusieurs conversations simultanément!  Malheureusement, avec de telles habitudes, nous pouvons devenir paresseux et plus négligents lors de la rédaction d’un texte plus sérieux.  En effet, si nous sommes habitués d’utiliser un mot inexistant ou de mauvaises tournures de phrases, ces erreurs « volontaires » risquent de se répéter.

De leur côté, les blogues requièrent à la base une plus grande rigueur au niveau de la rédaction afin d’inciter le lecteur à lire le billet jusqu’à la fin et à revenir lire le prochain.  On pourrait donc demander aux jeunes dans les écoles d’en tenir un à jour.  Le fait de savoir que plusieurs personnes pourraient lire notre billet peut encourager à mieux écrire.  Par exemple, pour consulter fréquemment les blogues traitant de sports sur le site de RDS, je constate que plusieurs personnes essaient souvent d’imiter les journalistes dans leurs billets, en utilisant de beaux mots et une structure de texte décente, ce qui n’est pas le cas dans les commentaires laissés par les lecteurs.  Évidemment, les articles ne sont pas tous parfaits, mais on dénote tout de même un effort marqué de la part des rédacteurs.  Grâce aux informations données par RDS, on s’aperçoit également qu’une bonne partie de ces rédacteurs sont relativement jeunes (début vingtaine), ce qui me porte à croire qu’il y aurait une ouverture d’esprit de la part des élèves en faveur des blogues.

Le fait de préconiser les blogues dans les écoles pourrait en effet motiver les jeunes à vouloir bien écrire.  Dans le blogue de Sabine Leblanc (Hacker la technologie), on mentionne qu’un blogue est une manière « décomplexante » d’appréhender l’écriture et qu’on peut l’utiliser comme  journal de classe, pour suivre un voyage à l’étranger, animer un atelier d’écriture, etc.  Dans le texte Teaching in a socially networked classroom de William Kist, on raconte qu’une enseignante a remarqué un grand engouement de la part des élèves de sa classe lorsqu’elle a introduit le blogue dans ses activités.  Elle planifie maintenant de leur demander de collaborer en discutant de littérature en laissant des commentaires via son blogue plutôt que d’utiliser la traditionnelle méthode de l’écriture à la main.  Voilà donc quelques exemples où les blogues seraient intéressants.  Je suis tout de même surpris que leur utilisation dans les classes ne soit pas encore une pratique courante.  Évidemment, il ne faut pas remplacer toutes les façons de faire actuelles.  De par sa nature, le blogue est plus bref qu’une recherche ou une composition de plusieurs pages.  Il y a néanmoins lieu de considérer la possibilité de l’intégrer dans différents types d’activités de plus petite ampleur dans le but d’inciter les élèves à écrire plus fréquemment et avec plus de rigueur.

En résumé, je suis persuadé que le fait d’écrire en sachant que plusieurs personnes pourraient lire notre billet représente une source de motivation additionnelle pour mieux écrire.  Ainsi, en demandant à des étudiants de tenir un blogue sur des sujets qui les passionnent, ils risquent de vouloir maintenir un achalandage élevé de lecteurs, ce qui pourrait les pousser à se surpasser continuellement.  Des concours périodiques pourraient même être introduits, comme par exemple une mention spéciale à l’élève qui a rédigé le plus de blogues, une à celui qui a suscité le plus d’engouement dans la classe avec ses textes ou une pour celui qui a fait le moins de fautes d’orthographe dans ses textes.  Bref, sachant que les jeunes sont passionnés par la technologie, pourquoi ne pas l’utiliser pour les aider à mieux écrire?

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2 commentaires pour Bloguer pour mieux écrire

  1. Ping : À bas les fautes d’orthographe dans les blogues! | L'univers de Charles Pauzé

  2. Ping : Les aînés font leur place sur le Web « Larry's Web Social Blog

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