La folksonomie – une solution pour mon employeur

De nos jours, rares sont les entreprises qui n’ont pas accès à Internet.  En effet, le web a énormément changé les façons de faire, que ce soit au niveau du marketing, des communications, de l’approvisionnement, de la distribution ou de la gestion de l’information.  Tout comme ces entreprises, Internet ne cesse d’évoluer.  Il est maintenant indéniable que le web social, aspect important du Web 2.0, a transformé considérablement les manières traditionnelles de l’utiliser.  Nous n’avons qu’à penser aux pages statiques qui laissent de plus en plus leur place à des pages dynamiques, notamment grâce à l’usage des blogues, des wikis, des réseaux sociaux ou des agrégateurs.  Ce sont là de nouveaux outils qui commencent à être de plus en plus exploités, car ils apportent des perspectives que les outils traditionnels ne peuvent procurer.  L’un d’entre eux pourrait d’ailleurs s’avérer très intéressant pour mon employeur.

Depuis bientôt deux ans, j’occupe un poste au sein d’une organisation publique que je ne nommerai pas pour des raisons de confidentialité.  On y retrouve une multitude de départements qui, pour certains d’entre eux, dont les communications, ont recours au web social, particulièrement par le biais de divers réseaux sociaux.  Toutefois, nous nous attarderons plus spécifiquement sur l’unité dans laquelle je travaille (nous nous y référerons en l’appelant l’Unité).  De par la nature de ses activités, principalement axées sur la coordination des opérations, la plupart des outils du web social n’y apporteraient pas réellement de plus value, du moins pas pour le moment.  Néanmoins, la notion de folksonomie aiderait sans doute à régler un problème au niveau de la gestion de l’information et des connaissances.

Au cours des prochaines sections, nous verrons plus en détails le contexte de l’Unité, comment le concept de la folksonomie pourrait s’avérer intéressant et nous analyserons les impacts possibles sur une échelle de temps répartie comme suit : un an, cinq ans et vingt ans.

Situation actuelle de l’Unité

L’Unité a récemment été mise sur pied et elle est formée d’une petite équipe de douze employés.  Parmi eux, neuf sont âgés d’au moins cinquante ans.  On peut donc affirmer que l’Unité compte sur des gens fortement expérimentés, mais il y a tout de même certains soucis à l’horizon, car bon nombre de retraites sont imminentes à très court terme et aucun plan de relève n’est établi.  De plus, bien que la coopération soit très sentie, chacun des grands projets est confié à une seule personne selon son champ d’expertise.  Il y a donc beaucoup d’experts « uniques », ce qui fait que la transition des dossiers n’est pas évidente, puisque si un responsable de projet ne se présente pas, seul le directeur a une idée sur ce qu’il fait.

Un dossier commun sur le réseau est mis à la disposition des employés, pour que chacun puisse y partager des documents.  Toutefois, ce n’est réellement pas une pratique courante et un grand ménage s’impose dans les fichiers enregistrés.  Peut-être que le manque de cohésion et de logique dans la nomenclature n’incite pas trop à développer le réflexe d’y enregistrer ses documents.  Cela nuit donc à la circulation de l’information sur les activités se déroulant dans l’Unité et si une personne s’absente, nous n’avons pas accès à son ordinateur pour récupérer ses fichiers.  Selon Microsoft, ce chaos peut empêcher une entreprise d’utiliser l’information de manière adéquate, ce qui nuit au partage des connaissances, à l’amélioration des communications avec les clients et à l’accroissement de l’efficacité des processus [1].  Dans le contexte de l’Unité, ajoutons également un risque pour sa continuité, advenant le départ précipité à la retraite de plusieurs ressources clés.

Le problème de gestion de l’information et des connaissances est une lacune sur laquelle nous travaillons depuis quelque temps.  Dans le cadre du cours Web social donné à la Téluq, j’ai pris connaissance de la notion de folksonomie, expliquée en détails dans la prochaine section, et je me suis dit qu’elle pourrait représenter une solution efficace.

La folksonomie

La folksonomie est un outil très intéressant du web social qui facilite la gestion et le partage de l’information.  Le terme en tant que tel provient de l’anglais et combine les mots folk (le peuple, les gens) et taxonomy (la taxinomie ou classification hiérarchisée) [2].  Dans la théorie du web social, le professeur Sébastien Paquet explique que « l’usage de base consiste à sauvegarder des liens vers les pages qui nous intéressent dans un espace personnel qui réside sur un site web » [3].  Nous pourrions faire une comparaison avec le fait d’enregistrer des liens (signets ou « bookmarks ») dans ses « favoris », mais plutôt que de les enregistrer sur son ordinateur, on les enregistre sur Internet, ce qui permet d’y accéder de n’importe où.  Lorsqu’un lien est sauvegardé, l’utilisateur lui attribue une étiquette, communément appelée « tag », qui est en fait un mot clé (ou courte série de mots).  Ainsi, quand il fait une recherche dans ses signets, il peut les parcourir un à un, par exemple en ordre chronologique ou procéder en utilisant les étiquettes données, soit en écrivant leur nom dans une zone de recherche, soit en les faisant défiler.  Delicious et Diigo sont deux exemples de sites très reconnus pour l’étiquetage (« tagging »).  L’illustration ci-dessous est une copie de l’écran My Library du site Diigo.

Nous pouvons voir, dans la section principale, certains liens que j’ai étiquetés et décrits brièvement.  Ils sont classés en ordre de date.  Sous chaque lien, on remarque le(s) tag(s) que j’ai donné(s) (« Activité-remise », « À lire », « Travail final », etc.).  Il y a un champ de recherche au haut de l’écran permettant de chercher un signet par mot clé.  Sinon, dans la section de gauche, on voit les tags que j’ai utilisés le plus souvent.  En cliquant sur l’un d’entre eux, tous les liens correspondants s’affichent.  Par exemple, en cliquant sur le tag Billet, tous les articles que j’ai publiés sur mon blogue dans le cadre du cours Web social et que j’ai étiquetés Billet apparaissent, toujours en ordre chronologique.  L’image suivante le démontre:

Dans la partie gauche de l’écran, nous remarquons que tous les tags reliés au tag Billet sont proposés.  En fait, ces tags sont tous ceux que j’ai utilisés au moins une fois en même temps que Billet.  Ils permettent entre autre de raffiner la recherche.  Nous pourrions donc choisir de voir uniquement les billets référant au module 5 du cours.

Lorsqu’un système de tagging connaît du succès, il y a alors plusieurs utilisateurs interconnectés qui partagent des étiquettes et du contenu, ce qui rend la folksonomie encore plus captivante, car on peut profiter de l’intelligence collective.  Selon le livre Le management de l’intelligence collective – Vers une nouvelle gouvernance, l’intelligence collective se définit « comme la capacité à unir nos intelligences et nos connaissances pour atteindre un objectif ainsi que la capacité d’un collectif à se poser des questions et à chercher les réponses ensemble » [4].  Selon le professeur Sébastien Paquet, cette « mise en commun d’idées, d’efforts ou de ressources a ouvert des voies inédites à la coopération, la collaboration et la réussite de projets auparavant difficiles, voire impossibles à réaliser » [5].

Donc, comme le mentionne Gilles Balmisse dans son article Folksonomies, des applications possibles en entreprises [6], l’utilisation de folksonomies offre une nouvelle perspective à l’organisation de l’information pour en faciliter l’accès.  Deux types d’approches sont possibles.  Il y a tout d’abord la folksonomie d’utilisateurs, où ce sont les utilisateurs qui qualifient et organisent l’information de manière collaborative, ce qui leur permet entre autre de faciliter l’accès à l’information en utilisant leur propre vocabulaire et leurs centres d’intérêts.  Ainsi, si un article m’intéresse, je peux le sauvegarder en utilisant le tag qui me convient et je peux le partager afin de permettre à d’autres usagers ayant les mêmes intérêts que moi de le consulter.  L’autre approche est celle de la folksonomie d’auteurs.  Elle ressemble à celle axée sur les utilisateurs, mais cette fois-ci ce sont les auteurs qui étiquettent eux-mêmes leur contenu.  Ils doivent donc s’assurer de choisir des mots clés correspondant au vocabulaire des utilisateurs ciblés.  Par exemple, lorsque je rédige un billet sur mon blogue et que je décide de partager le lien sur Diigo, je choisis des tags représentatifs du sujet.

Plusieurs avantages sont associés à la folksonomie.  Dans l’article Folksonomies, des applications possibles en entreprises [7], outre le fait que les folksonomies fournissent de nouvelles façons d’organiser l’information, on mentionne aussi qu’elles peuvent être réalisées par des personnes appartenant aux mêmes directions, départements ou services et partageant le même vocabulaire et les mêmes besoins.  Leur dimension sociale permet aussi de cerner les centres d’intérêts des collaborateurs, ce qui aide, par exemple, à identifier des experts dans tel ou tel domaine.  (Krstic, 2009) [8] abonde dans le même sens en affirmant que « les folksonomies appliquées à l’environnement de l’entreprise, dans le cadre d’équipes spécifiques ou de projets spécifiques permettent une meilleure accessibilité à la formation, une meilleure pertinence des contenus, car les balises utilisées sont issues de personnes appartenant aux même directions, services et partagent le même vocabulaire et les mêmes besoins ».  Dans le cours Web social de la Téluq [9], on signale également que « plusieurs systèmes de tagging permettent à un récepteur non seulement de suivre le flux d’un utilisateur, mais aussi de surveiller le flux d’une étiquette: tous les items portant l’étiquette choisie sont présentés ».  Cela signifie qu’un utilisateur peut s’abonner (suivre) au contenu d’un utilisateur précis ou d’un tag précis.  Ainsi, un employé peut décider de suivre un collègue de travail afin d’être informé chaque fois qu’il sauvegarde un lien ou suivre une étiquette particulière et être mis au courant toutes les fois qu’elle est utilisée par un utilisateur.  Un autre avantage considérable se situe au niveau de la sécurité, puisque l’accès peut être public, privé ou restreint [10].  Ainsi, si un utilisateur préfère garder certaines informations pour lui, il peut le faire en les étiquetant de façon privée.  Même un groupe d’utilisateurs, par exemple le département d’une entreprise, peut être privé, ce qui fait qu’il est restreint uniquement à ses membres. Enfin, les folksonomies permettent un partage de l’information n’étant pas seulement orienté du haut vers le bas [11].  En effet, chacun peut partager du contenu susceptible de servir autant à un dirigeant qu’à un employé de soutien.  La transmission des connaissances est donc beaucoup plus propice de cette façon.

Évidemment, il n’y a pas que des avantages associés à la folksonomie.  (Balmisse, 2008) [12], indique que les principaux inconvénients proviennent de la liberté qui est donnée aux utilisateurs.  Il déplore le fait qu’il n’y a pas de contrôle et que l’absence de traitements linguistiques sur les tags peut entraîner des problèmes de cohérence.  Par exemple, l’emploi du singulier ou du pluriel n’est pas normalisé.  Donc, si un utilisateur donne l’étiquette « Finance » et qu’un autre préfère « Finances », le système interprétera ces deux mots clés comme étant différents, alors qu’en fait ils signifient la même chose.  De plus, les fautes d’orthographe ne sont pas corrigées automatiquement, ce qui risque de relayer aux oubliettes du contenu pertinent si l’utilisateur se trompe, par exemple en tapant « Fianance ».  Enfin, un même tag utilisé par plusieurs individus peut avoir une signification différente pour un autre individu.  Par exemple, un collègue pourrait employer le mot « Article » pour désigner des articles de journaux pertinents, alors qu’un autre pourrait plutôt faire référence à des nouveaux produits, comme des articles de bureau.  Il est donc important de choisir des mots représentatifs du sujet et d’apposer plus d’une étiquette si plusieurs synonymes existent.

Ce bref survol de la folksonomie nous aidera à déterminer comment elle pourrait être bénéfique pour l’Unité.

Bénéfices de la folksonomie pour l’Unité

L’idée serait de développer, sur l’Intranet, un système empruntant les concepts de la folksonomie.  Chaque employé de l’unité aurait un profil contenant les informations que nous retrouvons habituellement dans le répertoire de l’organisation : nom, prénom, titre, unité administrative, adresse de l’unité, téléphone, télécopieur et adresse courriel.  Il serait intéressant d’ajouter les fonctions antérieures de l’employé, s’il y a lieu, car cela aiderait à mieux évaluer son expertise et à comprendre ses champs d’intérêts.

Grâce à cette application, les membres de l’Unité pourraient partager facilement des documents (rapports, articles de journaux pertinents, études diverses, documents de travail, photos, vidéos, etc.) qu’ils conservent habituellement dans leur ordinateur personnel.  Ils n’auraient plus à se poser des questions à savoir dans quel dossier commun les classer, puisqu’ils n’auraient qu’à les étiqueter et à cliquer sur « Enregistrer en mode privé » ou « Enregistrer en mode partage ».  La recherche d’informations serait elle aussi plus facile, car au lieu d’ouvrir les dossiers un à un pour trouver un document, l’employé n’aurait qu’à procéder avec les tags et l’information serait accessible de n’importe quel ordinateur branché à l’Intranet.  Toutefois, pour contrer le problème d’ambiguïté au niveau des tags, il faudrait exiger l’utilisation de certains termes communs, par exemple le nom de la division, une thématique (finance, marketing, opérations, etc.) et ensuite l’étiquette désirée.  Un bon exemple est celui du cours Web social de la Téluq.  Dans l’une des activités, les étudiants doivent rédiger, sur leur blogue, des billets touchant aux divers modules abordés dans le cours.  Lors du partage de ces billets sur Diigo, certaines règles sont à respecter pour permettre au professeur de les retrouver facilement.  Ainsi, si l’élève partage un article associé au module 4, il doit l’étiqueter comme suit : Activité-C (nom de l’activité), Billet, Module-4 et les tags de son choix reflétant le sujet traité.  Le professeur a alors l’option de rechercher par les tags Activité-C ou Billet (qui afficheront tous les billets écrits par les étudiants), par module ou de consulter les articles d’un élève en particulier en visitant sa page personnelle.

Selon moi, l’utilisation de la folksonomie contribuerait réellement à la gestion de l’information et des connaissances au sein de l’Unité, ce qui assurerait sans aucun doute une meilleure préparation de la relève.  Tel que mentionné dans la section sur le contexte de l’Unité, trop d’employés s’occupent individuellement de dossiers majeurs et cette situation n’est pas du tout souhaitable et propice pour la continuité de l’Unité, surtout sachant que plus de 75% des effectifs devraient se retirer d’ici environ 5 ans.  L’application inspirée de la folksonomie devrait donc être implantée avec l’objectif de créer le lieu de référence en ce qui concerne les activités de l’Unité.  La bible de l’Unité finalement!

Évidemment, le projet ne se réaliserait pas sans la volonté et la participation des membres de l’équipe, mais s’il est bien planifié et introduit, je ne vois pas pourquoi il ne recevrait pas un minimum de considération.  Après tout, la folksonomie a fait ses preuves dans d’autres organisations, dont IBM, qui a développé une application intitulée Dogear, un service de signets sociaux dédié aux entreprises et accessible via le système Lotus Connections [13].  En résumé, Dogear permet aux employés d’étiqueter des liens sur l’Intranet et de trouver des experts dans divers domaines grâce à un accès au répertoire de l’entreprise.  Ils peuvent ainsi consulter les signets sociaux de cet expert, consulter son blogue (s’il en a un) et le contacter au besoin.  Cela incite notamment à la collaboration et au partage de ressources au sein de la compagnie.

Les deux images ci-dessous [14] donnent un bon aperçu des écrans de l’utilisateur.  La première représente l’écran principal.  On y voit les liens publics partagés.  Notons la ressemblance avec le site Diigo, présenté plus haut.

La deuxième image présente, quant à elle, la fenêtre qui s’ouvre lorsqu’un utilisateur décide de sauvegarder un lien.  Il doit inscrire le titre, une brève description de l’élément enregistré, l’adresse du lien et un (ou des) tag(s).  Il peut aussi choisir de partager le signet ou de le garder privé.

Le fait qu’une entreprise de l’envergure d’IBM s’intéresse à la folksonomie et qu’elle l’impose à ses employés démontre, selon moi, le grand potentiel du concept.  Voyons comment l’implantation et l’utilisation pourraient se faire pour l’Unité et éventuellement à l’ensemble de l’organisation, sur une échelle d’un an, cinq ans et vingt ans.

Vision sur une échelle de temps

Un an

Si le projet se concrétisait dans l’Unité, la première année serait consacrée au développement de l’application et à son implantation.  Tel qu’expliqué précédemment, la moyenne d’âge est relativement élevée, alors il y aura assurément de la réticence au changement.  De plus, le dossier commun en place est très peu utilisé.  Les employés ne semblent pas réellement enclins à partager leurs contenus, donc leurs connaissances du même coup.  Quelques scénarios possibles peuvent expliquer cette réserve : manque de cohérence dans le dossier, un élément déjà soulevé plus haut, mais aussi crainte d’utiliser l’informatique, désir de simplifier les interactions au maximum, oubli de partager les documents ou manque d’intérêt à divulguer des informations par peur de perdre un certain « avantage concurrentiel » à l’égard des autres employés.

Il faut donc que l’idée de la folksonomie soit bien vendue aux membres de l’Unité afin qu’ils saisissent l’importance de partager l’information dans le but de développer une certaine forme d’intelligence collective.  Bien que l’objectif soit d’étiqueter du contenu professionnel relié au domaine d’expertise de l’Unité, peut-être que de permettre un tag Blagues, ou quelque chose du genre, servirait d’attrait au départ et pourrait aider à développer le réflexe de partager du contenu ou d’en consulter.

Cinq ans

Si l’implantation se déroule bien et que les employés de l’Unité participent, l’application devrait sans doute être étendue au sein de l’organisation et peut-être même aussi chez divers partenaires stratégiques externes.  Chaque département ou partenaire pourrait avoir son propre groupe distinct.  Comme nous l’avons vu dans la section expliquant la folksonomie, un groupe peut décider de partager seulement une partie du contenu avec les autres groupes.  L’illustration suivante représente le groupe du cours Web social de la Téluq.  Nous voyons que des informations ont été partagées par différents élèves.  La section de droite affiche toutes les personnes inscrites au groupe ainsi que les tags les plus populaires.

Un étudiant peut consulter le profil des autres étudiants et partager du contenu dans le groupe.  Comme par exemple, lorsque je rédige un article sur mon blogue, je sauvegarde plusieurs sources sur mon compte personnel et je partage mon billet avec l’ensemble du groupe une fois qu’il est complété.  Si l’étudiant visite mon profil, il aura aussi accès à mes sources (si elles ne sont pas marquées comme étant privées).

Ce principe pourrait être utilisé pour l’ensemble de l’organisation, qui pourrait éventuellement compter sur une méga base de connaissances.  La possibilité d’avoir un blogue pourrait aussi être envisagée.  Des experts auraient l’opportunité de traiter de leur domaine ou de donner de la formation en ligne.  Ainsi, si je lis le billet d’un employé d’un autre département que je trouve pertinent, je pourrais le partager avec les employés de mon unité.  Grâce à la folksonomie, le type de contenu pouvant être partagé est pratiquement illimité, il serait même envisageable qu’une base de données technique du type wiki soit développée avec la participation des employés.  Le tout pourrait ensuite être étiqueté et partagé sur l’application lorsque des mises à jour ou des ajouts sont faits.  Un autre élément super intéressant, sur une échelle de cinq ans, serait de concevoir un agrégateur interne, qui permettrait aux employés de suivre le contenu partagé par les autres.  Cet agrégateur pourrait aussi servir pour d’autre types de publications, comme des communiqués internes ou des affichages d’emplois.

Outre le développement interne, puisqu’il s’agit d’une organisation publique, il serait pertinent de consacrer un volet au partage de documents publics.  Ainsi, les gens de l’externe pourraient les consulter, sans toutefois avoir accès au profil de la personne qui les a publiés.  Il faudrait créer un profil spécial qui serait idéalement mis à jour par le département des communications.  C’est également ce département qui serait responsable de s’assurer que ce qui est partagé à l’extérieur n’affecte pas la réputation de l’organisation.  Un fil web (RSS) permettrait aussi aux personnes intéressées d’être informées continuellement des mises à jour.  Un internaute pourrait même avoir l’option de suivre un département particulier de l’organisation.  Enfin, l’opinion du public étant importante, chaque élément sauvegardé devrait être accompagné d’une zone de commentaires.

Il s’agit évidemment de grandes idées, mais potentiellement réalisables sur une échelle de cinq ans, malgré la taille de l’organisation.  Il faudrait toutefois beaucoup de volonté des dirigeants pour y parvenir!

Vingt ans

La technologie évolue tellement rapidement qu’il est déjà difficile de prévoir ce qui adviendra dans un an, alors prédire vingt ans représente un grand pari!  Dans le cours Web social, on dit que « le futur passe par les machines, comme adjuvant à notre réussite collective ou par le groupe, comme force émergente pour nous guider » [15].  En effet, bien que le Web 2.0 soit toujours en progression, on parle de plus en plus de la prochaine version, le web sémantique.  Selon le site Futura-Techno, le but est d’en « arriver à un Web « intelligent », où les informations ne seraient plus stockées, mais « comprises » par les ordinateurs afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche vraiment » [16].  L’auteur Mohamed Raouf Ghali donne un exemple illustrant bien cette définition : « Je veux référencer mon site chez une boîte dans le secteur de l’île de Montréal. J’ai un budget de 2000$.  Le système de web sémantique apportera des réponses complètes et immédiates à de telles requêtes » [17].  Donc, l’utilisateur n’aurait plus besoin de consulter plusieurs sites à l’aide d’un moteur de recherche, comme Google, pour trouver des réponses, puisque le web serait assez performant et « intelligent » pour analyser une multitude de sources et donner des solutions convenables.  Je persiste tout de même à croire que le besoin de consulter des documents perdurera, car il est toujours bon de se faire une idée par soi-même.  Peut-être qu’une personne peut préférer une autre solution que celle que l’ordinateur lui proposerait.  Prenons l’exemple de Google Map, l’itinéraire donné n’est pas toujours celui qui correspond à nos besoins.

Maintenant, qu’adviendra-t-il de la folksonomie avec le web sémantique?  Dans le billet Folksonomie & web sémantique ne sont pas antinomiques, l’auteur suppose que « la combinaison du sémantique avec la folksonomie n’entachera en rien la réaction actuelle de l’utilisateur face à un système de recherche… Le web sémantique ne fera qu’ajouter une couche supplémentaire à la compréhension et au traitement automatique de l’information » [18].  Ainsi, le web sémantique permettrait de compter sur des outils complémentaires pour faciliter la recherche, mais il n’éclipserait pas la folksonomie.  La recherche se ferait plus facilement et rapidement, car l’employé pourrait se fier à son ordinateur pour obtenir des pistes de solutions sur divers sujets sans devoir parcourir lui-même tous les liens sauvegardés sur l’application.  Toutefois, le principe d’étiquetage demeurerait le même pour le partage d’un document.

Dans cette optique, nous pouvons supposer que si l’organisation, et plus précisément l’Unité, décide de développer une application basée sur la folksonomie, ce sera pour du long terme.  Il y aura sans doute des modifications dans les façons de faire et dans les interfaces des utilisateurs, mais la base restera la même.

Conclusion

Au cours des sections précédentes, nous avons présenté le concept de la folksonomie, qui consiste, en résumé, à sauvegarder le lien de diverses formes de contenu sur une plateforme hébergée sur le web.  En d’autres mots, l’étiquetage (« tagging ») de signets sociaux (« bookmarks »).  L’utilisateur peut alors décider de partager ou non ces informations.  Par la suite, nous avons tenté de démontrer comment la folksonomie pourrait représenter une solution pour l’unité dans laquelle je travaille (l’Unité), afin de régler le problème de partage de documents, qui crée un obstacle à la circulation de l’information et des connaissances, notamment pour préparer la relève, sachant que plus de 75% des effectifs devraient se retirer d’ici les cinq prochaines années.

Comme le souligne Joshua M. Avery, les folksonomies et l’étiquetage sont encore jeunes, mais leur impact sur le développement du web est très grand [19].  Des entreprises renommées, telles que IBM, ont même développé et implanté des applications inspirées de la folksonomie pour assurer un meilleur partage des informations et une meilleure collaboration lors de la réalisation de divers projets.  Évidemment, il y a certaines failles associées à la folksonomie, comme l’ambiguïté de certains tags ou l’incapacité des systèmes à reconnaître les fautes d’orthographe, mais si des règles sont exigées pour le choix des tags de base, l’information ne devrait pas se perdre.

Je crois donc fortement que l’Unité devrait opter pour cet outil du web social et démontrer au reste de l’organisation qu’elle est avant-gardiste.  Comme nous l’avons déjà soulevé, la technologie ne cesse d’évoluer et la solution parfaite pour le partage de l’information n’existe pas encore, il ne faut donc pas l’attendre pour agir.  Il y a vingt ans, Internet n’en était qu’à ses premiers pas et aujourd’hui, les entreprises ne pourraient plus s’en passer.  Elles se sont adaptées pour constamment tirer avantage des nouvelles façons de faire.  Alors si une organisation éprouve des ennuis pour gérer ses informations et ses connaissances avec les méthodes traditionnelles, la folksonomie détient des atouts qui ne peuvent être ignorés et représente une solution intéressante.

Notes bibliographiques :

[1] Microsoft, Business & Industry.  Gestion du contenu d’entreprise. Consulté le 11 août 2010: http://www.microsoft.com/canada/fr/business/peopleready/bizinfra/solutions/ecm.mspx

[2] Wikipédia.  Folksonomie. Consulté le 12 août 2010 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Folksonomie

[3] PAQUET, Sébastien.  INF 6107 – Le Web social, module Folksonomie et filtrage collaboratif. Été 2010

[4] ZARA, Olivier.  Le management de l’intelligence collective – Vers une nouvelle gouvernance. Éditions M21, 2008, 236 pages.  Consulté le 12 août 2010 : http://books.google.ca/books?id=NvtoLMmHbKkC&printsec=frontcover&dq=intelligence+collective&source=bl&ots=1Co_rFcUsO&sig=dvxb1rwW-WsbaQzyIUmUzuXX8T8&hl=fr&ei=IxlkTNeNNYH48AaIuKneCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBwQ6AEwADgK#v=onepage&q&f=false

[5] PAQUET, Sébastien. INF 6107 – Le Web social, module Impacts sociaux et organisationnels du web social. Été 2010

[6] BALMISSE, Gilles.  Folksonomies, des applications possibles en entreprises.  KapIT – Blog Web2Entreprise, Technologies et Usages de l’Entreprise 2.0, 7 mars 2008.  Consulté le 12 août 2010 : http://blog.kapit.fr/w2e/2008/03/07/folksonomies-des-applications-possibles-en-entreprise/

[7] Voir [6]

[8] KRSTIC, Milena. La folksonomie, au service des Intanet.  Nouveaux usages et TIC – Le blog des consultants, 27 août 2009.  Consulté le 13 août 2010 : http://blog.useo.net/2009/08/la-folksonomie-au-service-des-intranet/

[9] Voir [3]

[10] Voir [3]

[11] AVERY, Josuah M.  The Democratization of Metadata: Collective Tagging, Folksonomies and Web 2.0. Library Student Journal, février 2010.  Consulté le 13 août 2010: http://www.librarystudentjournal.org/index.php/lsj/article/view/135/268

[12] Voir [6]

[13] FEINBERG, Jonathan et MILLEN, David R. Project : Dogear. IBM Watson Research Center.  Consulté le 14 août 2010: http://domino.watson.ibm.com/cambridge/research.nsf/0/1c181ee5fbcf59fb852570fc0052ad75

[14] IBM. Lotus Connections.  Consulté le 14 août 2010 : http://www-01.ibm.com/software/lotus/products/connections/dogear.html

[15] Voir [5]

[16] Futura-Techno. Web sémantique.  Consulté le 14 août 2010 : http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/internet-2/d/web-semantique_3993/

[17] RAOUF GHALI, Mohamed, Le web sémantique : Le web de demain, mais quand?, Les Systèmes Innomatiques, 22 septembre 2009.  Consulté le 14 août 2010 : http://www.innomatiques.com/blogreferencement/le-web-semantique-le-web-de-demain-mais-quand

[18] DECLERCQ, Sébastien.  Folksonomie & web sémantique ne sont pas antinomiques.  Des Tics au Tac, 1er mars 2010.  Consulté le 11 août 2010 : http://sebdeclercq.wordpress.com/2010/03/01/pourquoi-folksonomie-web-semantique-ne-sont-pas-antinomiques/

[19] Voir [11]

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Suis-je un geek??

http://www.clipartguide.com/_pages/0511-0809-1916-1271.htmlDernièrement, des gens de mon entourage m’ont fait part qu’ils avaient lu certains de mes billets et ils m’ont demandé pourquoi ils étaient tous orientés vers le web social?  Je peux comprendre leur étonnement, car jusqu’à tout récemment, j’avais fait très peu d’interventions sur Facebook au fil des années et voilà que j’y publie une panoplie de billets traitant d’informatique en l’espace de quelques semaines.  Lorsque j’ai expliqué à une cousine que je les écrivais dans le cadre d’un cours sur le web social, même si je prends un certain plaisir à le faire, sa réaction a été: « Tu me rassures, je croyais que tu étais devenu un geek! ».  Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter.  Mais après réflexion, je me suis demandé s’il était possible que j’en sois un.  Après tout, je suis un éternel étudiant qui vient de faire le saut dans le domaine des technologies de l’information.  Alors pourquoi ne pas creuser un peu la question? (voilà déjà un comportement de geek…)

La croyance générale veut qu’un geek soit un maniaque de l’informatique.  Si je peux me permettre l’image, on l’associe à un « nerd » à grosses lunettes, passant ses journées devant un ordinateur, donc blême de surcroît et ayant pour seuls amis d’autres geeks.  Pour rire un peu, je vous invite à jeter un œil sur la description donnée par le site Désencyclopédie.

La définition plus scientifique est qu’un geek est une personne passionnée, parfois de manière intense, par un domaine précis (Wikipédia).  Dans le cours de la Téluq, intitulé Web social (INF 6107), on mentionne qu’un geek est un intellectuel, souvent universitaire, qui a soif de connaissances et tellement passionné par un sujet particulier (souvent l’informatique), qu’il en est pratiquement obsédé.  On apprend aussi que le geek adore les gadgets et qu’il veut demeurer à la fine pointe de la technologie.

Il existe même un « Geek Code« permettant aux geeks de communiquer entre eux grâce à une suite de lettres et de symboles difficilement déchiffrables.  En voici quelques exemples:

  • « d- » : je porte généralement des jeans et un t-shirt
  • « s-:- » : je ressemble à la majorité du monde et certains me suggèrent de prendre un peu de poids
  • « a+ » : âgé entre 40 et 49 ans
  • « PS++ » : légalisons la drogue et abolissons le gouvernement
  • « t+++ » Star Trek, ce n’est pas juste de la télévision, c’est une religion

Bon, je ne crois pas que tous les geeks adhèrent à ce code, mais cela démontre tout de même leur côté distinct et leur besoin de s’associer à d’autres personnes dans la même situation.  Il ne faut pas se le cacher, ces gens sont souvent incompris dans le moule conventionnel de la société.

Donc suis-je un geek?  J’en suis à mon troisième programme universitaire, mais je ne suis pas un intellectuel et tous mes champs d’études sont diversifiés, bien que complémentaires.  Est-ce que j’ai des passions?  Oui, beaucoup.  Est-ce que je suis obsédé par l’une de ces passions?  Tout dépend de sa propre définition d’obsession, mais je dirais que je suis extrêmement passionné par les voyages, la musique et le plein air.  Alors si le terme geek s’étend à ces domaines, j’en suis un.  Sinon, selon la définition classique, je n’en suis évidemment pas un.  De toute façon, même si on me percevait comme tel, cela ne m’empêcherait pas d’être heureux et de continuer à vivre ma vie comme je l’entends.

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Entreprise et Web 2.0? Intéressant si la stratégie est bonne et respectée

Suite à la rédaction du billet Le Web 2.0, c’est quoi au juste?, je suis resté accroché sur une phrase que j’ai écrite: « C’est très vendeur de dire que son entreprise est à l’affût des nouvelles technologies et qu’elle s’est tournée vers le Web 2.0 pour demeurer à l’écoute de ses clients et de ses partenaires. »  Ayant une formation en gestion, je suis conscientisé sur la compétition qui règne dans tout type d’industrie et une entreprise doit sans cesse tenter de se démarquer pour maintenir, voire augmenter ses parts de marché.  Donc, si la tendance semble pencher en faveur de l’utilisation du web participatif pour augmenter sa notoriété, toute organisation a intérêt à s’y attarder pour imiter celles qui ont déjà emboîté le pas et décelé des retombées positives.

Dans l’article Un tiers des entreprises veut du Web 2.0, on dit que les entreprises qui s’intéressent au Web 2.0 le font pour faciliter le travail de groupe et mieux communiquer avec leurs clients.  Les outils principalement utilisés sont les réseaux de pair à pair, les réseaux sociaux et ceux favorisant la mise en place d’une intelligence collective.  On considère aussi, à moins grande échelle, les blogues, les wikis et les fils RSS.

L’auteur du billet Comment une entreprise communique sur le web 2.0 mentionne, quant à lui, que la présence sur les réseaux sociaux et la maitrise des outils web 2.0 est devenue une nécessité pour bien ancrer son image sur Internet.  Parmi les outils utiles, il présente les avantages d’adhérer à des sites tels que Facebook et Twitter.  Dans le premier cas, Facebook permet une communication immédiate entre l’entreprise et ses « fans », de faire un ciblage des abonnés, de promouvoir des événements, de bénéficier de quelques statistiques intéressantes et de faire de l’animation.  Dans le cas de Twitter, son utilisation permet entre autre de capter les discussions sur la marque et sur les concurrents de l’entreprise, de faire du « feedback » et de promouvoir des produits ou des blogues en postant des liens.  Ce sont évidemment des exemples très simples, mais ils démontrent tout de même certains bienfaits pouvant découler du Web 2.0 pour une organisation.

Personnellement, je crois qu’une entreprise à son affaire se doit d’utiliser le web participatif pour entretenir de meilleures relations avec ses clients et ses partenaires, mieux écouter leurs besoins, mieux gérer les plaintes, etc.  Toutefois, ce qui me chicote un peu, c’est l’emphase mise sur le terme Web 2.0.  Nous pourrions faire une comparaison avec les entreprises qui ont investi des efforts considérables pour changer leur image de marque et démontrer qu’elles ont fait un virage vert, alors qu’en fait, elles n’agissent pas en conséquence, ne faisant aucun geste concret pour aider l’environnement.  Donc, une entreprise qui annonce en grande pompe sa présence sur les réseaux sociaux, c’est très bien, car elle manifeste sa volonté à interagir avec ses clients ou ses partenaires.  Par contre, il ne faut pas juste qu’elle s’ouvre des comptes ici et là et qu’elle ajoute des flux RSS sur son site Internet.  Il faut aussi qu’elle consacre du temps pour mettre les informations à jour et qu’elle accorde de l’importance à ce que les internautes demandent ou écrivent à son sujet.  Bref, il faut qu’elle participe, sinon tout devient une approche très superficielle adoptée strictement dans le but de suivre la tendance.

Alors, avant de se lancer sur le Web 2.0, l’entreprise doit établir une stratégie répondant à sa mission, ses valeurs et ses objectifs et projeter cette image sur les réseaux sociaux.  Si elle n’est pas suffisamment rigoureuse dans sa démarche, sa présence en ligne pourrait s’avérer plutôt néfaste et nuire à sa réputation.

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Le Web 2.0, c’est quoi au juste?

Depuis un certain temps, je vois sans cesse des articles, dans les journaux ou sur Internet, traitant du Web 2.0 et ayant des titres du genre: Comment le Web 2.0 peut contribuer à votre entreprise ou La révolution d’Internet grâce au Web 2.0.  Si vous êtes comme moi, vous n’avez jamais eu conscience de l’existence du Web 1.0, mais la deuxième version existe déjà!  Alors c’est quoi le Web 2.0?  Quelle est la différence entre cette version et la première génération?

Selon le document Wikis, blogues et Web 2.0 – Opportunités et impacts pour la formation à distance, « le terme Web 2.0 est généralement utilisé pour désigner une évolution d’un web statique et unidirectionnel vers un réseau dynamique et interactif, caractérisé par une large participation des usagers à la création et à l’échange de contenus. »  En d’autres mots, nous pourrions dire que c’est un synonyme du web participatif.  Il est souvent associé à l’utilisation de logiciels sociaux en ligne, tels que les blogues, wikis, microblogues ou autres réseaux sociaux.

L’illustration ci-dessous résume bien la différence entre le Web 1.0 et 2.0.

En prenant connaissance de la définition du Web 2.0, ma première réaction a été: finalement, il n’y a rien de si innovateur, il ne s’agit pas d’un nouveau langage de programmation révolutionnaire, c’est simplement que le web a changé, il est plus dynamique qu’avant.  J’ai donc poursuivi les recherches en ce sens et j’ai réalisé que ma réaction était tout à fait fondée.  Dans l’article Le web 2.0 est mort, fini l’adolescence, une question que des experts se posent est citée: « Phénomène réel reposant sur un changement technologique et une rupture d’échelle liée à la croissance du nombre d’utilisateurs ou récupération marketing de technologies anciennes rafraîchies par un nouvel engouement public ? »  L’auteur utilise un exemple fort amusant pour interpréter le tout:  « Vous n’êtes pas Raymond 72.0, vous êtes Raymond.  Même si Raymond est né (1.0), qu’il a appris à manger(2.0), à marcher (3.0), à parler (4.0), à lire (5.0)…. et à re-porter des couches à un âge avancé (Raymond 71.0)…. c’est toujours Raymond. »

Ma conclusion est donc que le web évolue, mais que rien de nouveau n’a été créé.  De nouvelles façons de l’utiliser sont proposées pour répondre aux besoins des utilisateurs et offrir davantage de possibilités, mais le terme Web 2.0 m’apparaît être principalement un bon coup de marketing.  C’est très vendeur de dire que son entreprise est à l’affût des nouvelles technologies et qu’elle s’est tournée vers le Web 2.0 pour demeurer à l’écoute de ses clients et de ses partenaires.

Maintenant, tant qu’à parler de « l’évolution » du web, saviez-vous qu’il existe désormais d’autres versions?  Leur explication demeure toutefois très ambigüe et en voici un très bref aperçu:

  • Le Web 3.0: il s’agit du web sémantique, où des ordinateurs utilisant des agents intelligents analysent toutes les données sur le web (contenu, liens, transactions), qu’elles soient en langage naturel ou non.
  • Le Web 4.0: web s’inspirant de l’intelligence artificielle et complémentaire à la race humaine.
  • Le Web 5.0: web s’inspirant de l’intelligence artificielle et se substituant à la race humaine.

Bref, nous sommes encore bien loin de tout ça et en tant qu’utilisateurs, le mieux que nous puissions faire est de nous adapter.  La résistance au changement ne servira à rien!

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Sa réputation en ligne: un aspect à considérer

En choisissant d’adhérer à divers réseaux sociaux, notre identité devient publique et il est alors très facile de trouver de l’information nous concernant.  Souvent, cette information provient directement de notre propre chef (si nous ne sommes pas une personnalité connue), mais elle peut parfois être publiée malgré nous et avoir certaines répercussions.  Certains diront sans doute que ce n’est pas grave, qu’Internet n’est qu’un divertissement et qu’il ne faut pas prendre trop au sérieux ou croire ce qui est raconté à notre sujet.  C’est vrai, des sites comme Facebook ou MySpace ont d’abord été conçus dans le but de distraire, mais rien n’empêche un employeur ou toute autre partie intéressée à en savoir plus sur vous de consulter vos profils en ligne.  C’est là où la réputation entre en scène.

Par définition, selon le Grand dictionnaire terminologique, la réputation est la façon d’être connu socialement d’après sa qualité de personne, ses qualités morales, sa valeur et ses agissements.  Elle a donc une grande influence sur la manière dont les gens nous perçoivent.  Qui ne connait pas une personne seulement de par sa réputation, sans réellement savoir qui elle est?

Avant la percée fulgurante des réseaux sociaux, si nous menions une petite vie tranquille et rangée, sans être connu publiquement, il n’y avait que notre entourage qui connaissait notre réputation.  Dans l’article Your Reputation Online, Part 1: How Damage Is Done, on affirme qu’il est maintenant prouvé que beaucoup d’employeurs consultent vos profils avant de vous rencontrer en entrevue, pour avoir un meilleur aperçu de qui vous êtes vraiment.  À titre d’exemple, l’auteure, Vivian Wagner, a rencontré le dirigeant de la firme texane Journyx, qui consulte les profils en ligne des candidats pour mieux les connaître avant de les engager, car il dit ne pas être bon pour les renvoyer s’il se trompe!

Le problème, c’est que les gens écrivent souvent tout ce qui leur passe par la tête, publient des photos d’eux dans des situations pouvant être compromettantes, joignent des groupes révélant leurs positions politiques, etc.  Il faut simplement éviter d’avoir des regrets par la suite, car ce n’est pas parce qu’une information est effacée de notre profil qu’elle n’a pas eu le temps de parcourir beaucoup de chemin!   Prenons l’exemple de la chanteuse Coeur de Pirate qui, il y a quelques années (avant d’être connue), a publié sur Internet des photos d’elle nue pour rendre jaloux un ex petit-ami (je vous laisse chercher les liens par vous-même!).  Lorsque le tout a été dévoilé au grand jour, je ne suis pas convaincu que c’est le genre de publicité qu’elle recherchait.  Encore récemment (mars 2010), elle s’est excusée pour cette bêtise de jeunesse.  Il s’agit évidemment d’un cas plutôt extrême, mais il démontre bien les répercussions que peuvent prendre des actions que nous croyons initialement anodines.

Cependant, il ne faut pas partir en peur non plus!  Publier des informations sur soi n’est pas nécessairement mal.  Dans l’article de Vivian Wagner, l’employeur texan admettait aussi qu’il aimait trouver des informations sur les candidats potentiels, car cela lui démontrait qu’ils avaient une vie, des intérêts et des passions qui pouvaient se refléter positivement dans son entreprise.

Finalement, il faut juste assumer l’image que nous dégageons en ligne, peu importe les circonstances.

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C’est quoi déjà mon mot de passe?!??!?

De plus en plus de sites Internet exigent d’ouvrir un compte, souvent gratuit, afin d’avoir un meilleur contrôle sur le contenu, assurer une plus grande sécurité à l’utilisateur ou permettre de garder des informations en mémoire pour l’usager (profil, coordonnées, contenu, photos, etc.).  Ces inscriptions viennent tout le temps accompagnées d’un nom d’utilisateur (souvent une adresse courriel ou un surnom original que vous connaissez et qui est généralement disponible) et, retenez-vous bien, d’un mot de passe!  Parfois, il faut un minimum de 6, 8 ou 10 caractères.  Parfois, il faut absolument inclure une majuscule ou un chiffre.  Parfois, il faut le changer sur une base régulière par mesure de sécurité.  Bref, cela demande une bonne mémoire ou au préalable, une gestion rigoureuse.  On ne peut évidemment pas enregistrer un fichier intitulé « Mots de passe » sur son ordinateur, si jamais on se le fait voler ou qu’un pirate du web nous rend visite!

Juste pour le plaisir, voici un bref aperçu des mots de passe que je dois retenir: adresses courriel du bureau, Hotmail, Gmail et UQAM, comptes Facebook, Twitter, WordPress, Netvibes, OpenID, RDS, Kijiji, LesPacs, FutureShop, Téluq, Telus, etc., d’autres pour les institutions financières et bien sûr, pour ouvrir mon ordinateur au travail, accéder à Internet et remplir ma feuille de temps.  Sans compter ceux pour les différentes boîtes vocales, le guichet automatique et les systèmes d’alarme, mais là, c’est un autre sujet!  Dans certains cas, si on oublie le mot de passe, on peut le changer facilement: on nous envoie un courriel et on le réinitialise (toujours est-il qu’il faut se rappeler quelle adresse nous avions donné et surtout, le mot de passe de cette adresse!).  Parfois, on nous demande des questions secrètes pour lesquelles nous avions donné des réponses…secrètes, que même nous, nous avons oubliées!

Plusieurs logiciels existent pour aider à gérer les mots de passe.  Le site Logitheque.com en fournit une grande liste.  En général, ces logiciels conservent les mots de passe dans un fichier unique et crypté, accessible par un mot de passe unique.  Le problème, c’est qu’ils sont souvent accessibles uniquement à partir de l’ordinateur où ils ont été installés.  Ce n’est donc pas pratique pour une personne qui oscille entre plusieurs ordinateurs.  Ce l’est encore moins si un bogue survient avec l’ordinateur en question!

Une autre option est de se doter d’une identité ouverte, comme par exemple à l’aide d’un site comme OpenIDWikipédia décrit ce site comme étant un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique, ainsi que le partage d’attributs.  Plusieurs sites acceptent que l’usager se connecte avec cette identité, ce qui évite la duplication de comptes et de mots de passes à retenir.  OpenID est reconnu comme étant très sécuritaire, notamment grâce à la possibilité d’utiliser un mécanisme d’authentification forte (Wikipédia).

Sinon, il y a l’option d’inscrire manuellement ses mots de passe sur une feuille de papier et de la ranger à un endroit sécuritaire.  Il ne faut juste pas oublier de mettre cette feuille à jour!

Peu importe quelle façon vous privilégiez pour gérer vos mots de passe, il importe tout de même d’être vigilent pour assurer une meilleure sécurité.  Voici quelques petits conseils intéressants tirés intégralement du site arobase.org et pouvant vous guider lorsque vous devrez en choisir un nouveau:

  • Evitez les mots de passe trop simples : prénoms, « azerty », « toto », etc.  Ils sont trop facile à découvrir.  De même, ne reprenez pas l’intitulé de votre compte ou une partie de cet intitulé dans votre mot de passe.
  • N’utilisez pas des informations connues par vos proches : votre lieu d’habitation, votre nom de jeune fille, votre date de naissance, le nom de votre animal de compagnie, etc.  Ce genre de mot de passe est en effet très facile à deviner pour quelqu’un qui vous connaît un peu.
  • Mélangez de préférence lettres, chiffres et caracteres spéciaux (!#$%-_).  Les pirates informatiques utilisent en effet des programmes informatiques pour percer les mots de passe : tester un à un les mots du dictionnaire ne leur pose pas problème.
  • Alternez minuscules et majuscules, pour renforcer le niveau de sécurité de votre mot de passe.
  • Proscrivez les accents dans vos mots de passe

Bon courage à tous et dites vous qu’au moins, aucun mot de passe n’est requis pour lire mes billets!

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Ami virtuel: réel ou imaginaire?

De nos jours, l’amitié prend de nouvelles formes.  En effet, un internaute peut passer ses journées seul chez lui à discuter avec ses nombreux amis virtuels et ainsi profiter des bienfaits d’une vie sociale active.  Mais est-ce que ses contacts en ligne sont de vrais amis ou plutôt des amis imaginaires?  Est-ce qu’il peut leur faire confiance, leur faire des confidences?  S’il les rencontre en personne, correspondront-ils à leur profil?

Il est évident qu’il est important pour l’humain de se sentir apprécié, d’avoir des amis ou un sentiment d’appartenance envers un groupe, que ce soit dans la réalité ou en ligne.  Pour ma part, je privilégie de loin le monde réel, car il est selon moi plus facile d’avoir une meilleure perception des gens que je fréquente, de les connaître tels qu’ils sont dans la vie et de partager avec eux des émotions plus fortes que des « émoticones »!  Dans la théorie du web social (cours INF 6107), on mentionne qu’une  personne projette une identité authentique qui influence notre décision de l’accepter ou non.  Pour vivre en société, une personne se construit également une sorte de masque ou de carapace et c’est ce qu’on appelle la représentation.  Or, sur Internet, nous connaissons souvent les gens uniquement par cette représentation, par exemple par leurs pseudonymes, et c’est peut-être une des raisons expliquant mon blocage envers les amitiés virtuelles, car nous ne savons pas qui sont réellement ces gens.  J’aurais de la difficulté à discuter sérieusement avec une personne surnommée « GoHabsGo13 ».  Peut-être que ça irait pour parler de sport, car je présumerais qu’avec un nom du genre la personne apprécie le hockey, mais je n’oserais pas entrer dans des sujets personnels.

Je l’avoue, j’ai déjà essayé, durant mes années de célibat, de rencontrer l’âme sœur via des sites de rencontre (MonClasseur.com, DoYouLookGood.com).  Ça n’a jamais fonctionné!  Soit que je n’étais pas à l’aise de discuter avec des étrangères en ligne et de raconter ma vie à qui voulait bien l’entendre (ou plutôt la lire!), soit que le profil ne concordait pas nécessairement avec la réalité advenant une rencontre!  Bref, j’ai essayé, mes les expériences n’ont pas été très concluantes!  En effet, chacun peut dire ce qu’il veut sur son profil, se donner une image qui ne correspond pas à la projection qu’il dégage dans la vie.  En d’autres mots, jouer le rôle de la personne qu’il aimerait être.  Dans la vraie vie, il y a bien sûr des gens qui ne sont pas eux-mêmes avec les autres, mais le langage corporel parle beaucoup.  Certaines situations font parfois voir la personne sur son vrai jour, car elle n’a pas toujours le temps de réfléchir avant de réagir ou de répliquer, ce que les internautes confortablement assis derrière leur clavier peuvent faire.  Disons qu’il est plus difficile de se défiler dans la réalité!  C’est donc pour ces raisons que j’ai plus confiance à l’identité d’une personne réelle comparativement à une personne en ligne.  Je prends souvent des nouvelles sur mes amis sur Facebook, mais ce ne sont pas des amis virtuels, je les ai tous déjà rencontrés en personne avant de les accepter dans mes contacts.

Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui pense comme moi.  Dans le billet Les amis, ça sert à quoi, on mentionne qu’une étude menée par Habbo en 2007 révélait que 64% des jeunes (membres du sites) admettaient avoir de bons amis virtuels qu’ils n’ont jamais rencontrés.  50% d’entre eux affirmaient même être plus honnêtes avec leurs amis virtuels que leurs « vrais » amis.  Dans l’article Are virtual friends real friends?, une mère raconte que son fils adore la console de jeu Xbox Live, car il peut se faire des amis partout dans le monde pour jouer.  Selon elle, la notion d’amitié a beaucoup changé chez les jeunes.  On peut effectivement se poser la question suivante: est-ce qu’il faut réellement avoir rencontré une personne pour la considérer comme une amie? Si cet ami nous fait rire, nous conseille ou joue avec nous à des jeux en ligne, alors pourquoi ne pas le respecter au même titre qu’un autre ami que nous fréquentons hors ligne?

Personnellement, je crois que les amis virtuels peuvent être intéressants pour tenir des conversations de toutes sortes, mais ce n’est pas ce que je considère comme étant une vraie amitié.  Est-ce que je pourrais compter sur un ami virtuel pour m’appuyer dans les moments difficiles, assister aux événements importants de ma vie, m’aider à déménager, prendre une bière ou faire du sport en ma compagnie?  Non.  Un ami réel peut le faire…

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